Sénégal pays esclavagiste ?

 

Depuis que l’ancien chef de l’État du Sénégal Abdoulaye Wade a traité l’actuel Président de la République Macky Sall d’esclave, beaucoup d’encre et de salive ont coulé.

On a entendu tout et n’importe quoi. L’objectif de cet article est de venir apporter quelques éclaircissements suite à l’article publié dans le journal Le monde intitulé « Chez les esclaves de la famille du président sénégalais Macky Sall »[1]

Dans cet article l’auteur Amadou Ndiaye parle de l’esclavage au Sénégal au même titre que l’esclavage pratiqué par les blancs sur les noirs ou l’esclavage en Mauritanie. Dans ce paradigme, l’esclave n’a aucun droit et le maître a droit de vie et de mort sur lui, il peut le vendre, l’exploiter comme une bête de somme, le violer, etc. L’esclave est taillable et corvéable à merci.

Cet esclavage n’a rien à voir avec ce qui existe dans notre pays. Au Sénégal le « maccudo » est une caste au même titre que le « gawlo », « torodo », « sakké », « thioubalo », etc.

Il est permis d’être contre le système de castes qui était une organisation sociale de la société sénégalaise. Cependant, ce que le « journaliste » Amadou Ndiaye décrit dans son article est un problème découlant de cette organisation sociale et n’a rien à voir avec  l’esclavage. Dans le contexte Foutanké, le Président Macky Sall n’a aucun droit sur son « maccudo ». Dans le reportage, le monsieur qui se présente comme le « maccudo » de Macky Sall est fier de l’être; comme un « gawlo » ou « guewel » peut être fier d’être du statut que lui confère la société. La traduction en français du mot « maccudo » par « esclave » fait en sorte que ce sentiment de fierté  que ressent le « maccudo » devient choquant et ridicule.

Le « journaliste » Amadou Ndiaye, fait une traduction erronée de certains mots. Le monsieur qui se dit «maccudo» désigne Macky Sall comme son « maître » selon la traduction du reporter. Mais le « journaliste » Amadou Ndiaye a mal traduit le mot pulard « califa ». Le « maccudo » lui a dit en pulard « Macky Sall ko califam » et lui traduit par « mon maître Macky Sall ». Et ça n’a rien à voir avec le paradigme maître/esclave qu’insinue le journal Le monde.

Tout ceci montre que le « journaliste » Amadou Ndiaye ne maîtrise pas la sociologie du Sénégal et est tombé dans les pièges de la communication interculturelle. Il n’a rien compris de son entretien avec les villageois de Ndouloumadji.

 

Samba Guéladio

 


[1] http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/03/20/chez-les-esclaves-de-la-famille-du-president-senegalais-macky-sall_4598251_3212.html

 









Commentaires

Designed by espritcitoyen.com